Hautes tensions / Hip-hop quand tu nous tiens... / La Villette / Avril 2012

Hautes tensions / La Villette / Hip-hop quand tu nous tiens...

6eme-dimension.jpgrevolution.jpgserial-stepperz.jpg


Satisfaite ou remboursée: le show


Photos C. Raynaud de Lage



                          Changes the rule                                                                                                                             Révolution


Hautes tensions à La Villette :

 

Hip-hop, quand tu nous tiens…

 

 

Il n’a fallu que quelques années au festival « Hautes tensions » de la Villette pour devenir, tout comme Suresnes, une manifestation incontournable de l’art du hip-hop, du smurf, du popping, du locking, du boogaloo et autres break dances. Au programme de la cuvée 2012, neuf compagnies, relevant toutes, au moins en partie, du hip-hop, certaines promouvant cette technique uniquement jusqu’à la pousser dans ses plus profonds retranchements, d’autres ne l’utilisant que pour raconter une histoire. Cinq créations sur les huit œuvres proposées, s’avérant pour certaines d’une grande originalité. Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que d’année en année, la technique et l’expressivité des danseurs s’améliorent, le niveau des exécutants atteignant des sommets inégalés jusqu’alors. 

La première œuvre du programme, Satisfaite ou remboursée : le show, est un travail collectif du groupe « 6ème dimension » qui fait la part belle aux filles puisque la troupe n’est composée que d’éléments du sexe faible. Pas si faible que ça d’ailleurs, car ces panthères roses en quête de l’homme idéal sortent de leur besace pour le séduire toutes les figures classiques du hip-hop dans des ralentis et décompositions du plus bel effet.

Change the rules de la compagnie Serial Stepperz est une pièce basée sur la rapidité et l’énergie de ses exécutants sur une envoûtante musique du groupe « Temptations » : Papa was a rollin’ stone, un chant des noirs américains datant de 1972. Une œuvre très enlevée dans laquelle le rythme et la virtuosité riment avec la perfection des ensembles et une fort belle occupation de l’espace.

Le programme se termine sur une pièce de style radicalement opposé, Rage, née de la rencontre entre le chorégraphe Antony Egéa et des danseurs africains de six pays différents, tous spécialistes de l’animation des fêtes et mariages dans leurs pays respectifs. Une œuvre d’une construction rigoureuse qui lève un coin du voile sur l’intimité de la vie dans les villages et la formation des clans, en mettant en avant un style proche de la transe, le krump, né à la suite des émeutes de 1992 à Los Angeles. Fascinant.

J.M. Gourreau

 

Satisfaite ou remboursée : le show / 6ème dimension, Change the rules / Serial Stepperz, et Rage / Rêvolution - Anthony Egéa, Grande Halle de la Villette, Paris, dans le cadre du festival « Hautes tensions », du 13 au 15 avril 2012.