Jan Martens / Sweat baby sweat / Créteil / Septembre 2013

Jan Martens / Sweat baby sweat / Créteil

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Photos J.M. Gourreau

Jan Martens :

 

Une belle leçon de vie

 

Les duos d’amour ont souvent inspiré les hommes de théâtre. Les chorégraphes aussi. L’exemple de Roméo et Juliette est à ce titre fort démonstratif. Si le romantisme n’est plus tellement de mise à notre époque, ce thème éternel continue cependant de séduire. Mais aujourd'hui, il est souvent mis en scène de façon plus réaliste et plus crue, à l’instar de Sweat baby sweat du chorégraphe flamand Jan Martens. Cette œuvre peut être considérée comme la suite de sa dernière production au titre ô combien suggestif : A small guide on how to treat your lifetime companion. Dans Sweat baby sweat, il ne s’agit pas d’un simple corps à corps amoureux mais plutôt de l’évocation des différents moments qui panachent la vie d’un couple, des amours qui se font et se défont, de l’effritement des rapports qui ira jusqu’au rejet mutuel et à l’abandon. Ce sera pourtant la crainte de la solitude qui raffermira les liens et renouera les relations. Une œuvre d’un réalisme exacerbé mais aussi et surtout d’une grande sensibilité qui, à certains moments, fait froid dans le dos de par l’émotion et la sensualité qui se dégagent de cet étonnant couple que forment Kimmy Ligtvoet et Steven Michel, de par l’intimité de leurs relations qui se consument sans pudeur devant nous, de par cette lueur de désespoir qui les étreint lorsque l’horizon devient plus sombre… Sentiments exacerbés par une chorégraphie volontairement toute en lenteur, au sein de laquelle la gestuelle - les enlacements notamment - sont parfaitement maîtrisés et contrôlés, laissant sourdre une très grande émotion. Les impressions de désir, de tendresse, d’abandon, de domination, de rejet sont alors reçus par le spectateur comme autant de coups de poing qu’il encaissera avec plus ou moins de bonheur et de sérénité.

J.M. Gourreau

Sweat baby sweat / Jan Martens, Créteil, Maison des arts, 28 septembre 2013, dans le cadre des Plateaux de la 21ème édition de la Biennale de danse du Val-de-Marne.