Karma Dance Project /Caciuleanu / Raciti / Un pari gagné de justesse / Espace Kiron / Mars 2012

Karma Dance Project /Caciuleanu / Raciti / Un pari gagné de justesse

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Quadrix / G. Caciuleanu - Photo Flamingoz F. Berthe

Karma dance project :

 

Un pari gagné de justesse

  

Une compagnie de jeunes interprètes polyvalents au service et à la disposition de chorégraphes, en voilà une bonne idée ! Pourquoi, en effet, ne renverserait-on pas les rôles ? Pourquoi les danseurs ne choisiraient-ils pas les chorégraphes avec lesquels ils éprouveraient l'envie de travailler ? Un concept qui traversa l’esprit de quatre interprètes aux parcours très divers, issus des quatre coins de la planète et formés dans quatre écoles différentes mais, surtout, « portés par un même élan ». Il n’en fallait pas plus pour aiguiser la curiosité des ballétomanes…

Mais voilà : encore fallait-il que ces artistes aussi enthousiastes qu’entreprenants choisissent judicieusement leurs chorégraphes, surtout pour leur coup d’essai. Au programme donc, deux œuvres diamétralement opposées, la première de Marcello Raciti, un chorégraphe italien qui dirige aujourd’hui le département de danse classique de l’Académie Nationale de Norvège, la seconde par un chorégraphe bien connu dans notre pays mais qui est maintenant et depuis plus de 10 ans à la tête du Ballet National Chilien, Gigi Caciuleanu.

Un monde de contrastes.

Disons-le d’emblée, Marcello Raciti a peut-être de bonnes idées mais, autant que l’on puisse en juger par Mother technology kill me please, il ne sait absolument pas les mettre en œuvre par le truchement d’une chorégraphie, voire d’une scénographie. Cette œuvre, qui se voulait un plaidoyer sur la précarité de la condition humaine et la « terrible beauté » de la vie, s’est avérée une suite pitoyable de variations sans réelle signification ni lien entre elles, qui plus est, faisant intervenir une chanteuse à la voix fortement discordante, ce qui eut pour effet de mettre le spectateur fort mal à l’aise… Toutefois, cette pièce eut au moins le mérite de rendre compte de la qualité et de l’excellent niveau technique des danseurs, notamment du japonais Ikki Hoshino, malgré sa représentation dans des conditions techniques difficiles, pour ne pas dire déplorables… L'excellence des interprètes fut d’ailleurs confirmée lors de leur interprétation de Quadrix, une création de Gigi Caciuleanu qui s’est avérée un véritable bijou tout en finesse, plein d’esprit, d’humour, de malice, et d’entrain. L'oeuvre, supportée par diverses musiques de films particulièrement enlevées, fut l'occasion pour les danseurs de "s’éclater" littéralement dans cette danse et de révéler ainsi toute la richesse et l’étendue de leur talent. Il est vrai que Gigi les avait réellement gâtés... Quand on pense que l’on n’a même pas su retenir un tel chorégraphe entre nos murs…

J.M. Gourreau

 

MTKPMP / Marcello Raciti et Quadrix / Gigi Caciuleanu, Karma Dance Project, Espace Kiron, Paris, 2 avril 2012.