La Ribot / PARAdistinguas / Cent

La Ribot / PARAdistinguas / Vous avez dit déjanté ?

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                                                                                                  Photo J.M. Gourreau

La Ribot :

 

Vous avez dit : Déjanté ?

 

Déjanté, certes mais à bien y réfléchir… pas tant que cela car ce collage de courtes saynètes toutes plus acides les unes que les autres et qui mettent en scène une foultitude d’objets hétéroclites, n’a réellement rien d’anodin. Il s’agit même en réalité d’une véritable satire de notre société et, par la même occasion, de certains de nos comportements… Ce, bien sûr, sous une forme inhabituelle, en bousculant les règles établies.

Les PARAdistinguas que La Ribot présente aujourd’hui sont en fait d’étonnants tableaux vivants s’inscrivant dans la continuité de ses Pièces distinguées, soli de quelques minutes réalisés régulièrement depuis 1993 et auxquels elle doit sa célébrité. Leur différence tient au fait que la chorégraphe utilise, comme elle l’a d’ailleurs déjà pratiqué à d’autres occasions, des figurants pour « donner plus de relief et de véracité au récit filmique », donc d’ampleur, d’étoffe et de force à ses pièces. Procédé issu du cinéma qui trouve toute sa justification dans une pièce comme La revolucion qui évoque sans détours mais avec humour et dérision des prises de position pour le moins impopulaires de certains de nos dirigeants… Des situations peut être extravagantes, toutes de la même veine, sans doute un tantinet exagérées mais pas si invraisemblables que cela, et qui se révèlent fort attachantes du fait de leur propos direct et osé, bien sûr souvent féministe ou sexiste, mettant en relief les travers humains et contraignant le spectateur à y réfléchir.

Si l’originalité de ces œuvres artistiques tient d’abord dans le fait qu’elles nous interpellent directement, souvent sans ménagement, elle vient aussi de leur utilisation : leur conceptrice les considère en effet comme de réels tableaux qu’elle a d’ailleurs mis en vente auprès de « collectionneurs » et qui s’avèrent donc avoir chacun un « propriétaire ». Lequel est informé du parcours de la pièce et peut avoir son nom mentionné dans le programme lors de toutes ses présentations en public… Aussi insolite qu’original, non ?

J.M. Gourreau

 

PARAdistinguas / La Ribot, Centre Pompidou, Novembre 2011.
Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.