Liat Waysbort / Jan Martens / Rencontres chorégraphiques de Seine-St Denis / Montreuil . Juin 2012

Liat Waysbort / Jan Martens / Rencontres chorégraphiques de Seine-St Denis / Sous le signe des Pays-Bas

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     Mâle version / Liat Waysbotr - Ph. P. Lutgerink                                                                       A small guide... / Jan Martens - Ph. S. Van Hesteren

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-St Denis : Liat Waysborth et Jan Martens

 

Sous le signe des Pays-Bas

 

 

C’est sur quelques notes de fantaisie que s’est achevé ce festival, notamment avec les duos de chorégraphes venus du Pays-Bas, Liat Waysbort et Jan Martens. Deux œuvres très différentes, diamétralement opposées même, tant dans leurs propos que leur réalisation. D’origine israélienne, Liat Waysborth est née en 1974 à Tel Aviv. C’est au sein de la compagnie Bat-Sheva qu’elle fit ses premiers pas avant de partir, en 2000, pour Rotterdam. Ses premières chorégraphies datent de 2005. Male version est un duo créé en 2010 qui fait partie d’un triptyque, Bitter sweet. L’œuvre évoque le travail sur scène du « King », alias Elvis Presley, précurseur du rock, sous forme de défi entre deux danseurs de hard rock, l’un plus déluré que l’autre, qui rivalisent de style, de virtuosité, d’adresse et de rapidité dans un climat électrisant, provoquant et moqueur. Des joutes déjantées, souvent à connotation sexuelle, une gestuelle retenue qui finit par exploser. Mais rien de vraiment provocateur, et ces déhanchements et mouvements sans équivoque du bassin finissent par amuser. Mais la chorégraphie de ce duo, aussi anti-conventionnelle que peut l’être la musique, met en valeur deux prodigieux danseurs, Maarten Hunink et Martjn Kappers, et s’avère aussi expressive qu’originale, voire surprenante de la part d’une chorégraphe qui n’a rien de délurée.

D’un tout autre style, A small guide on how to treat your lifetime companion. Tout est d’ailleurs dans le titre. Cinq instants dans la vie d’un couple. L’amour sous toutes ses facettes, plein de délicatesse, de naturel, de pureté et d’innocence. De la tendresse à la frénésie. Comme on voudrait que ce le soit toujours. Des images subtiles, empreintes d’un charme et d’une poésie ineffables, d’une paix indicible. Des poses langoureuses d’abandon qui, cependant, ne nous transforment pas en voyeurs. Des moments de dispute, voire de jalousie et de révolte aussi, mais quoi de plus naturel dans la vie de tous les jours ? Au bout du compte, une chorégraphie juste, précise, vraie et bien sentie qui porte et met en valeur la beauté de ce couple, Steefka Zijlstra et le chorégraphe lui-même, la beauté de la jeunesse et de la vie.

J.M. Gourreau

 

Male version / Liat Waysbort et A small guide on how to treat your lifetime companion / Jan Martens, Montreuil, Nouveau Théâtre, 1er et 2 juin 2012.