Noureev & friends / Palais des Congrès

Noureev & friends / Un mémorable gala

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Mathias Heymann - Ph. M. Lidvac


Aurélie Dupont - Ph. A. Deniau                                                                                                                                   Maia Makhateli - Ph. D. Makhateli

Noureev & friends :

 

Un mémorable gala

 

Lors de ses prestations dans les pays et les grandes villes qui ont eu la chance de l’accueillir, que  ce soit en temps que danseur ou en tant que chorégraphe, Rudolf Noureev, dans les dernières années de sa vie surtout, avait pris l’habitude de réunir quelques uns des artistes qu’il appréciait le plus et de se produire avec eux dans des soirées de gala : leur concours aujourd’hui a permis la renaissance des spectacles « Noureev & friends » pour perpétuer sa mémoire. Ces représentations résument quelques unes des facettes de la vie de ce grand artiste, le plus souvent par le truchement de pas de deux interprétés par des étoiles russes, britanniques, allemandes, néerlandaises ou françaises qu’aucune d’elles n’a vraiment fréquenté mais dont l’histoire a croisé la sienne. Variations dansées entrecoupées d’extraits de films, de vidéos, de témoignages et d’images d’archives bien souvent inconnus du public.

C’est à l'un de ces exceptionnels galas que les fans de Noureev et les balletomanes parisiens ont pu assister. Organisés pour le soixante quinzième anniversaire de sa naissance par l’un de ces « friends », en l’occurrence, Charles Jude, ex-danseur étoile de l’Opéra de Paris et actuel directeur du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux, ainsi que par Thierry Fouquet, directeur général de ce même théâtre, ces spectacles, redoutés par les danseurs car ils ne manquent jamais de donner lieu à un malicieux petit jeu des comparaisons, leur permettent néanmoins de mettre en valeur leur savoir faire et leur art. Bien évidemment, ces éléments dépendent beaucoup de l’école à laquelle appartiennent les interprètes : à titre d’exemple, l’école française s’avère bien différente de l’école russe, on aurait pu s’en douter ! Mais la personnalité des solistes compte bien évidemment énormément dans leur prestation, ainsi d’ailleurs que leur état physique ou leur psychisme. Néanmoins, le danseur qui emporta fort justement les faveurs du public fut un danseur étoile de l’Opéra de Paris, Mathias Heymann, dans sa sublime interprétation de Manfred, dans la chorégraphie de Noureev précisément : son expressivité, sa noblesse, son sens du tragique soulevèrent une très grande émotion et un enthousiasme délirant.

Cela ne veut pas pour autant dire que les autres interprètes furent moins brillants. Charles Jude avait d’ailleurs pris la précaution, en composant le programme, de ne pas associer de variations d’une même obédience, ce qui évitait de se référer aux précédentes. Et le résultat fut à la hauteur de ses espérances, un florilège de pas de deux du répertoire permettant aux étoiles d’aujourd’hui de briller au firmament, dans de somptueux décors en vidéo-projection de  Gilles Papain, donnant l’illusion de la réalité. Un magnifique spectacle donc, au cours duquel on put admirer, outre les étoiles françaises Aurélie Dupont et Mathias Heymann, de jeunes artistes étrangers de la génération montante comme Maia Makhateli et Rémi Wörtmeier du Het National Ballet dans Two pieces for het, Tamara Rojo et Rupert Pennefather de l’English National Ballet et du Royal Ballet dans Marguerite et Armand, ainsi que Aleksandra  Timofeeva et Vadim Muntagirov dans le célèbre pas de deux du Corsaire de Marius Petipa. Sans oublier l’excellent travail d’accompagnement de ces variations par l’orchestre Pasdeloup dirigé par Valery Ovsianikov et, surtout, celui de la pianiste Olga Gegunova.

J.M. Gourreau

 

Noureev & friends, Palais des congrès de Paris, 31 mai et 1er juin 2013.