Thierry Malandain / Lucifer / Reims / Avril 2012

Thierry Malandain / Lucifer / Élégance et raffinement

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Une dernière chanson

Photos O. Houeix



             Claire Longchampt et Mickaël Conte                                                                                           Silvia Magalhaes et Frederik Deberdt

Thierry Malandain :

 

Elégance et raffinement

 

 

Avec Thierry Malandain, la critique joue sur du velours, et le public peut se rendre au spectacle les yeux fermés : il ne sera jamais déçu. Toutes ses œuvres sont une ode à la liberté et à la joie, d’un allant et d’un entrain à nuls autres pareils. Et le public de Reims le sait bien puisque c’est précisément ce chorégraphe qui l’a amené à apprécier l’art de Terpsichore. Une dernière chanson rend d’ailleurs hommage à ce public puisque l’œuvre a été créée - à bureaux fermés, inutile de le préciser - dans le cadre des 10 ans de partenariat entre le Malandain Ballet de Biarritz et l’Opéra de Reims. Un ballet d’une exubérance et d’une gaieté inouïes, une ode à l’enfance et à la jeunesse retrouvées, exprimant la liberté et le bonheur mais, surtout, la joie de vivre qui anime le chorégraphe… Pour une fois, Thierry Malandain a eu toute liberté pour se laisser aller à dessiner sur le plateau - sans contrainte aucune - les mouvements élaborés au fond de son cœur, des mouvements pleins de fraîcheur et de naturel, d’élégance et de raffinement. Servis, il est vrai, par un « florilège de romances et complaintes de la France d’autrefois », parmi lesquelles les célèbres comptines Aux marches du palais et J’ai vu le loup, le renard danser, dans un très bel arrangement de Vincent Dumestre et de son Poème harmonique. Et ce, bien évidemment, dans une mise en scène du plus bel effet évoquant l’aurore, annonciatrice d’une merveilleuse journée.

Deux autres œuvres au programme de ce mémorable spectacle, à savoir le célèbre Boléro de Maurice Ravel dans une version chorégraphique revue et corrigée par Thierry Malandain d’une manière très originale, douze danseurs prisonniers à la fois par les rythmes obsédants de la musique et par une immense cage de tulle s’en libérant progressivement avant que n’éclatent les dernières mesures de cette célèbre partition orchestrale. Et, en ouverture de soirée, une pièce créée en 2011 mais encore peu jouée, Lucifer, sur un livret et une musique aux sonorités éclatantes de Guillaume Connesson. L’œuvre, qui évoque le mythe des anges déchus pour avoir osé lever les yeux sur de simples mortelles, s’avère parfaitement lisible, suivant pas à pas la trame de l’histoire ; mais ce qui la rend surtout remarquable, c’est la magnifique interprétation qu’en ont donnée les danseurs, totalement habités, parfaitement maîtres de leur technique et au mieux de leur forme. Que demander de plus ?

J.M. Gourreau

 

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Lucifer, Boléro et Une dernière chanson / Malandain Ballet Biarritz, Opéra de Reims, 14 et 15 avril 2012.