une fabrique du féminin / Virginie Valentin / L'Harmattan éd. / Mai 2013

L'art chorégraphique occidental, une fabrique du féminin / Virginie Valentin / L'Harmattan éd.

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L’art chorégraphique occidental, une fabrique du féminin

Essai d’anthropologie esthétique,

Par Virginie Valentin, 270 pages, 15,5 x 24 cm, broché, L’Harmattan éd., Coll. Univers de la danse, Paris, Mai 2013, 28 €.

ISBN : 978-2-336-00643-7

Sous ce titre un peu ésotérique se cache en fait une idée beaucoup plus simple qui pourrait à elle seule résumer l’ouvrage : quelles sont les motivations qui poussent les jeunes filles à faire de la danse ? Il n’est de secret pour personne que l’art de la ballerine exerce une fascination toute particulière sur un grand nombre de jeunes filles, voire leurs parents. Il offre la possibilité de parvenir à une image idéale du féminin, à une esthétique particulière, celle de la ligne ou, plus simplement, à un avenir différent de celui qui se profile socialement. Comme le montre l’auteur, cette activité artistique apparait comme un moyen privilégié d’élaboration de l’identité féminine. Ses recherches, qui ont abouti à un doctorat d’anthropologie dont cet ouvrage est issu, se sont organisées dans trois directions : auprès des danseuses de l’Opéra de Paris ainsi que des élèves et professeurs de danse de diverses écoles de quartier, conservatoires ou MJC mais aussi dans diverses archives, notamment celles du Palais Garnier, relatives aux ballerines et leur représentation sociale. C’est en fait « l’histoire du clivage qui préside aux représentations sociales du féminin dans notre société » que Virginie Valentin a fait apparaître au travers de ces pages en montrant comment et pourquoi cette image du féminin s’est imposée dans notre société et comment, en jouant sur les différentes images du féminin, les femmes parviennent à élaborer une identité qui les satisfait.

L’ouvrage est divisé en trois parties : la première traite de la jeune fille et de son double (ambivalence de la danseuse, pouvoir de séduction des ballerines, personnage de la femme-cygne), la seconde, de l’élévation (petits rats de l’Opéra, initiation de la ballerine, mères des danseuses) et la troisième, de l’incarnation (de fille en aiguille et des filles modernes). Une importante bibliographie complète ce fascinant travail.

J.M.G.