Katalin Patkaï / MILF / Féminité

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 Photos J.M. Gourreau

Kataline Pakaï :



Féminité

  

Elles sont quatre. Jeunes, belles, pleines de vie et d'exubérance. Elles se sont retrouvées pour évoquer leurs idées et leurs problèmes, raconter  leur histoire, leur vision de la vie. Et elles ont éprouvé le besoin de nous les communiquer, de nous les faire partager dans un lieu magique, d'une chaleur incommensurable. Une salle toute en bois, aux poutres apparentes, au sein de laquelle le spectateur est prié de retirer ses chaussures à son arrivée. Au fond, des estrades basses, constituées d'éléments parallélépipédiques juxtaposés et superposés sur deux ou trois niveaux sur lesquels des tapis de sol bien moelleux et quelques coussins ont été disposés, juste pour le confort du public. On s'y assoit, on s'y allonge, on s'y met en tailleur, au gré de son humeur. Pas de scène à vraiment parler mais un grand espace barré par un immense mur, en fait un échafaudage recouvert d'une tenture de plastique noir dont on devine qu'il va être le théâtre de certains évènements : son angle supérieur gauche en effet est occupé par une sorte de kitchenette avec table, chaise et différents appareils de cuisine. Au devant, dans l'ombre, on devine un tas de vêtements, peaux de bête et perruques...

La première scène est aussi surprenante que fascinante : c'est Katalin qui ouvre le bal en apparaissant en luciole, virevoltant en tous sens, de longues ailes vertes dans le dos, l'abdomen dilaté et phosphorescent de l'insecte prêt à pondre ses oeufs, déchirant la pénombre... L'effet est saisissant, sa course sur le Vol du bourdon de Rimsky-Korsakov étant aussi légère qu'aérienne. C'est toute essoufflée qu'elle s'arrête en vomissant, s'excusant aussitôt : « il ne faut pas m'en vouloir, je suis enceinte »... ça, on l'avait bien compris ! Tout le spectacle sera de la même veine, frais et plein d'inventivité. Mais non anodin. Ce sont en effet des pulsions et sentiments très personnels que ces artistes  livrent au public, d'une grande intensité et souvent crûment, sans pudeur aucune. On pourra y voir le besoin récurrent de communiquer, de partager, de se jalouser, de se retrouver dans le corps de l'autre. On peut y lire aussi toutes les vicissitudes de la vie, la cuisine, le ménage, la phobie d'être seule, le difficile passage de l'adolescence à l'âge adulte, le désir du retour à l'état sauvage... On y retrouve enfin des choses plus intimes, les fantasmes sexuels de la femme au foyer, l'amour culte de son corps, les réminiscences des frayeurs éprouvées dans sa prime jeunesse à la lecture de certains contes de fée... Tout cela évoqué sans ambages, avec lucidité et naturel, au point d'en devenir touchant. Et puis, que dire de cette complicité, de cette solidarité qui les enserrent et qui les encouragent à surmonter les dures épreuves de la vie ? Des univers aussi hétéroclites qu'attachants qui questionnent le spectateur, l'incitant à réfléchir sur le sens de la vie de ses compagnes, ainsi que sur ses désirs...

J.M. Gourreau

 

MILF / Kataline Patkaï, Vitry, Avril 2013.

Katalin Patkaï / MILF / Vitry / Avril 2013

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