Murata Y. / Jean-Sébastien s'accroupit dans la rizière #5 / Vous avez dit work in progress / Espace Culturel Bertin Poirée

murata-y-isenberg-a-jean-sebastien-s-accroupit-dans-la-riziere-01-esp-bertin-poiree-14-03-13.jpgYukiko Murata murata-y-isenberg-a-jean-sebastien-s-accroupit-dans-la-riziere-16-esp-bertin-poiree-14-03-13.jpg

 

 Vous avez dit work in progress ?

 

 Photos J.M. Gourreau

 

 

Elle possède un charme, une ingénuité et une fragilité qui attirent, pour ne pas dire fascinent, et qui vous conquièrent d’emblée malgré une inexpérience peut-être factice. Car Yukiko Murata a déjà un parcours conséquent, bien qu’elle soit encore peu connue en France. Il est vrai qu’elle a fait ses premières armes au Japon, à l’école de danse moderne de Nanako Yamada, mais, lorsqu’elle quitte son pays avant d’entamer une vie nomade qui, pour l’instant, aboutit à Paris, elle a déjà travaillé les danses moderne et traditionnelle japonaises, la danse classique et la danse contemporaine, non sans s’être frottée au butô avec Ko Murobushi, dans les années 80 notamment.

Le spectacle de danse contemporaine qu’elle présente en ce moment à l’Espace Culturel Bertin Poirée, Jean-Sébastien s’accroupit dans la rizière #5, n’est pas encore totalement abouti et elle le sait parfaitement car elle sollicite - en toute innocence - l’avis des spectateurs à l’issue de la représentation, lors d’une discussion à bâtons rompus. Un « work in progress » étrange, tant dans son propos que dans sa forme, élaboré sur six textes choisis du poète japonais Shûji Terayama dont on célèbre cette année le trentième anniversaire de la mort. Etrange n’est pas trop fort, car il s’apparente aux acrostiches de nos surréalistes français tout en s’en faisant l’écho, jugez-en plutôt : 

Berceuse,

Chantée avec ses fausses dents

Que la mère lègue au bord du foyer…

Ou, encore,

Vieilli sans être dispensé d’être le chat du cache-cache,

Je reviens à la fête du village

Mais pour chercher qui ?

Des textes, on le voit, propices tant au rêve qu’à la réflexion, et qu’elle a choisi d’accompagner par le violoncelle de la soliste allemande Anette Isenberg et d’entrecouper de sonates et partitas pour violoncelle seul de Bach. Une sauce aussi insolite qu’excentrique, parfois proche du butô, qui a l’heur de prendre car la danse de Yukiko, vive et électrisante, est également empreinte d’une préciosité indicible, tout en étant émaillée de trouvailles tant chorégraphiques que scéniques. Je n’en veux pour exemple que sa première piécette dans laquelle elle avait revêtu une longue robe d’une blancheur immaculée parsemée de clochettes qui tintinnabulaient à chacune de ses pirouettes, ponctuant de notes cristallines les accents graves et emphatiques du violoncelle d’Anette Isenberg. Une œuvre sans prétention aucune par conséquent mais qui mériterait toutefois d’être mieux structurée et affinée, quant à son déroulement en particulier.

J.M. Gourreau 

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Jean-Sébastien s’accroupit dans la rizière #5 / Yukiko Murata, Espace Culturel Bertin Poirée, du 14 au 16 mars 2013.

 

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