Richard Siegal / Civic Mimic / Un apprenti sorcier de talent

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Photos J.M. Gourreau

 

 

Richard Siegal :

 

Un apprenti sorcier de talent

 

Richard Siegal occupe une place à part dans le monde chorégraphique actuel. Cet ancien danseur virtuose de Forsythe, passionné d’architecture, d’informatique, de technologie et de vidéo, s’était déjà fait connaître à Chaillot en 2005 avec un solo Stranger / stranger report pour lequel il reçut le « Mouson Award » récompensant la meilleure création de la saison. Avant-gardiste, toujours avide d’expériences plus novatrices les unes que les autres, explorant sans cesse de nouveaux domaines, il revient aujourd’hui à Chaillot avec une étonnante et fort originale performance dansée qui met en scène, dans une dramaturgie de Christine Peters et une installation créée par le cabinet d’architectes R&Sie(n), 6 danseurs et… 250 figurants !  Déluge de corps qui va, par vagues progressives, entrer en communication avec le public en se fondant au milieu des spectateurs.

A l’origine de ce projet, ©oPirates, une œuvre créée l’année dernière avec des groupes de danseurs amateurs présents dans les villes d’Allemagne où le chorégraphe  s’est produit, notamment à Munich où il est en résidence. Dans cette pièce élaborée à l’occasion de la transformation du théâtre en boîte de nuit disco, les danseurs amenaient progressivement et sans qu’ils ne s’en rendissent compte les spectateurs-clients à des figures contrôlées, dansées en corps à corps, sans que l’on ne puisse au bout du compte discerner les figurants des danseurs.

Ce contrôle de foule s’est avéré encore plus complexe avec Civic Mimic, pièce formée par la juxtaposition de diverses séquences interactives totalement chorégraphiées mais choisies suite à un dialogue par les « performers » selon leur état d’esprit de l’instant et les réactions de leur public : celles-ci, de ce fait, devenaient le prétexte du jeu. Au début de l’œuvre, servie par une musique tellurique live aussi envoûtante que profonde due au talent du compositeur allemand Hubert Machnik, les six danseurs de la compagnie évoluent sur un immense praticable prolongeant les tables du restaurant de l’atrium, tandis que les figurants sont regroupés en masse compacte à l’autre extrémité du Palais. Progressivement, ils vont rejoindre danseurs et spectateurs en se fractionnant et s’étalant en petits groupes, serpentant dans le public comme une vague qui viendrait mourir sur le sable du rivage avant de se fondre et disparaître en son sein pour se reformer et renaître dans un mouvement perpétuel de va-et-vient. S’instaure alors entre les interprètes un dialogue pour déléguer le rôle de leader et celui de suiveur. Ce flux et reflux des danseurs et figurants embarque tout naturellement les spectateurs à leur suite dans un fascinant voyage dont ils ne sortiront qu’à regret lorsqu’une voix, de plus en plus insistante, annoncera le spectacle suivant dans la grande salle : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous vous informons que la salle est ouverte ; nous vous invitons à regagner vos places… N'aurait-ce été qu'un rêve ?

J.M. Gourreau

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Civic Mimic / Richard Siegal, Atrium du Théâtre National de Chaillot, Décembre 2011.

Richard Siegal / Civic Mimic /Th

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